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Monday, 22 Jun 2026 18:00 pm
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Grande Côte Opérations sous le feu des critiques : entre demandes d’allègements fiscaux et controverses sur sa responsabilité sociale

La société Grande Côte Opérations (GCO), filiale sénégalaise du groupe minier français Eramet, fait l’objet de nombreuses critiques au Sénégal. Au cœur des débats : l’écart perçu entre les engagements affichés par l’entreprise en matière de responsabilité sociale et environnementale et les décisions prises à la suite de l’incendie survenu sur son site en février dernier.

À la suite de cet incident, GCO a placé une grande partie de son personnel permanent en congé et procédé au licenciement de près de 2 500 travailleurs temporaires. Cette situation a eu des répercussions importantes sur plusieurs milliers de familles dépendantes de ces emplois.

Parallèlement à cette réduction de ses effectifs, l’entreprise a engagé des discussions avec les autorités sénégalaises afin d’obtenir un report du paiement de certaines obligations fiscales ainsi que des exonérations douanières sur les équipements destinés à la remise en état de ses installations. Une démarche qui a suscité des réactions contrastées au sein de l’opinion publique, certains estimant que les grandes entreprises doivent assumer les conséquences des risques liés à leurs activités sans solliciter un soutien exceptionnel de l’État.

« Nous voulons payer nos impôts. Nous sommes une entreprise responsable. Ce que nous demandons, c’est un différé de certains paiements », a déclaré le directeur général de GCO, Frédéric Zanklan, pour justifier la requête formulée auprès des autorités.

Ces demandes interviennent alors que l’entreprise continue de mettre en avant ses programmes de responsabilité sociétale. Pour plusieurs observateurs, cette situation soulève des interrogations sur la cohérence entre le discours institutionnel du groupe et ses choix de gestion en période de crise.

Les critiques portent également sur les mécanismes d’évaluation des performances environnementales et sociales de l’entreprise. Bien que GCO ait récemment annoncé avoir satisfait aux exigences de l’audit de la norme IRMA, certains acteurs de la société civile s’interrogent sur le niveau d’indépendance de ces procédures, en raison notamment des liens financiers existants entre le secteur minier et certaines structures de certification.

Par ailleurs, des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence sur les circonstances exactes de l’incendie de février. Certains observateurs avancent diverses hypothèses concernant les causes du sinistre, dans un contexte marqué par le renforcement du contrôle de l’État sénégalais sur les activités des sociétés minières étrangères et par l’application de nouvelles obligations financières, notamment les contributions au Fonds de réhabilitation des sites miniers et des carrières (FRSMC). Toutefois, aucune preuve publique n’a, à ce jour, confirmé les allégations selon lesquelles l’incendie aurait été provoqué délibérément.

Cette controverse s’inscrit dans un débat plus large sur les relations économiques entre les États africains et les multinationales exploitant leurs ressources naturelles. De plus en plus, les opinions publiques africaines plaident pour des partenariats jugés plus équilibrés, fondés sur un partage équitable des bénéfices et sur une contribution accrue des investisseurs étrangers au développement des pays hôtes.